JUICE/MAJIS

Les objectifs principaux de la mission JUICE (Jupiter Icy Moons Explorer) sont de réaliser des observations détaillées de la planète géante Jupiter et de trois de ses plus grandes lunes glacées : Ganymède, Europe et Callisto. L’IAS est responsable scientifique et technique du spectro-imageur visible et infrarouge MAJIS (Moons And Jupiter Imaging Spectrometer), instrument majeur de la charge utile de JUICE. La livraison de l’instrument a été effectuée en 2021 et le lancement a eu lieu le 14 avril 2023 depuis Kourou à bord d’Ariane 5.
Contacts : François Poulet (PI), Cydalise Dumesnil (chef de projet)
JUICE est la mission L1 du programme scientifique de l’ESA. Elle vise à mieux comprendre les processus physiques gouvernant le système jovien et à contraindre l’habitabilité des lunes glacées, en particulier Ganymède et Europe.
L’instrument MAJIS et ses objectifs scientifiques
MAJIS est un spectro-imageur hyperspectral couvrant la gamme spectrale 0,5 – 5,56 µm, permettant d’acquérir pour chaque pixel un spectre détaillé.
MAJIS contribue à des objectifs majeurs de JUICE :
• caractérisation de la composition des surfaces glacées,
• étude des échanges surface–intérieur,
• identification d’indices d’habitabilité,
• analyse des processus géologiques,
• compréhension des processus d’altération de surface
• étude de l’atmosphère de Jupiter.
Phase de croisière
JUICE est actuellement en phase de croisière. Cette phase constitue une étape essentielle pour la validation en vol de MAJIS. Elle permet :
• la vérification des performances radiométriques, spectrales et géométriques,
• la validation des modes d’observation et des outils du segment sol,
• la préparation des chaînes de traitement des données.
Les observations réalisées sur des objets résolus spatialement lors des survols planétaires sont de grand intérêt car elles permettent d’obtenir des données couvrant une large gamme de conditions d’éclairement et de géométrie dans les conditions de vol ce qui est impossible lors des tests de validation au sol avant le lancement.
Lors de l’assistance gravitationnelle combinée des 19–20 août 2024, MAJIS a acquis plusieurs cubes hyperspectraux sur la Lune et la Terre.
Objectifs :
• validation en vol des performances instrumentales,
• tests en conditions de flux élevé et de grande dynamique,
• évaluation de la lumière parasite et des effets de saturation.
Résultats principaux :
• observations lunaires avec une résolution spatiale jusqu’à ~100–150 m,
• accès simultané à la réflectance et à l’émission thermique jusqu’à 5,56 µm,
• observations de la Terre couvrant des géométries jour/nuit,
• détection de signatures atmosphériques et caractérisation de la microphysique des nuages,
• validation des performances radiométriques et géométriques.
Ces données ont consituté une étape clé dans la qualification en vol de l’instrument et dans la préparation des observations des lunes glacées. Les résultats sont présentés dans une série de papiers (https://angeo.copernicus.org/articles/44/163/2026/).
Actualité : Observation de la comète interstellaire 3I/ATLAS en novembre 2025
Au cours de la croisière, MAJIS a pu observer la comète interstellaire 3I/ATLAS, dans le cadre d’une campagne coordonnée avec les autres instruments de JUICE.
Contexte :
• objet d’origine extrasolaire,
• conditions d’observation contraignantes (distance, géométrie, contraintes thermiques),
• opportunité unique d’étude d’un matériau primitif.
Apports de MAJIS :
• analyse spectrale de la coma,
• identification de glaces volatiles et de composés organiques.
Ces observations démontrent la capacité de MAJIS à exploiter des opportunités scientifiques en dehors du cœur de mission jovien et ont permis de valider les modes de fonctionnement faible signal de l’instrument.
Consortium
L’IAS assure la responsabilité scientifique et technique de MAJIS.
Le LPG (OSUNA) et le LAB (OSUA) participent aux opérations instrumentales, le LIRA (Observatoire de Paris) est en charge de la production des cubes géométriques.
MAJIS est développé dans le cadre d’un consortium international impliquant notamment la France et l’Italie, avec le soutien du CNES, de l’ASI et de l’ESA.





