Première lumière du satellite PICARD
![]() | L’ouverture de la porte de SODISM, l'imageur du disque solaire de la mission PICARD, s’est effectuée avec succès le 20 juillet dernier. Le lancement du satellite, depuis la base russe de Yasny le 15 juin 2010, avait permis une mise à poste parfaite en orbite héliosynchrone à 725 km d’altitude. Avec la première lumière de SODISM commence une période de réglages fins longue de plusieurs semaines, avant le départ officiel des observations solaires dites nominales. L’IAS est fortement impliqué à plusieurs niveaux de ce projet. |
L’ouverture de la porte de SODISM, l'imageur du disque solaire de la mission PICARD, s’est effectuée avec succès le 20 juillet dernier
. Le lancement du satellite, depuis la base russe de Yasny le 15 juin 2010, avait permis une mise à poste parfaite en orbite héliosynchrone à 725 km d’altitude. Avec la première lumière de SODISM commence une période de réglages fins longue de plusieurs semaines, avant le départ officiel des observations solaires dites nominales.
Notre étoile vue par SODISM deux jours après la première lumière. Les régions actives observées ici à une longueur d'onde de 607 nm, témoignent de la reprise du cycle magnétique de 11 ans. À ce stade de la mission, les données sont insuffisantes pour corriger les images de la non-uniformité de la réponse spatiale de la caméra. L'exploitation scientifique rigoureuse de telles images ne sera possible qu'une fois étalonnées toutes les corrections instrumentales.
Le micro-satellite français PICARD, financé par le CNES, est ainsi nommé en hommage à l'astronome Jean Picard, qui le premier effectua au XVIIe siècle des mesures de précision du diamètre solaire. Son objectif est d’améliorer notre connaissance du fonctionnement du Soleil et de mieux comprendre son influence sur le climat terrestre. Pour ce faire, il mesure simultanément et en fonction de l'activité magnétique solaire, différentes grandeurs de notre étoile, liées à son émission lumineuse (irradiance absolue totale et spectrale), à sa géométrie (diamètre et asphéricité) et à ses vibrations (sondage de la structure interne par la méthode de l'héliosismologie).
La mission embarque à son bord trois instruments : les radiomètres SOVAP et PREMOS, respectivement réalisés par l’Institut Royal de Météorologie de Belgique et par l’Observatoire de Davos en Suisse, et le télescope imageur SODISM, un défi technologique développé sous la responsabilité du CNRS/LATMOS, pour les mesures fines géométriques et photométriques.
Nouveau venu dans le paysage spatial des instruments dédiés à la physique solaire, sa spécificité tient à la précision et à la stabilité attendues du pointage de l'instrument, à l’étalonnage des images aux domaines de longueur d'onde observés, ainsi qu'aux zones observées sur le Soleil. Ces avantages combinés permettront de comparer les mesures du rayon solaire à différentes altitudes correspondant à des zones proches de la base de la photosphère.
Le programme héliosismique comporte deux volets d'observation à une longueur d'onde de 535 nm dans le continu. Un premier, qui génère des images de l'ensemble du disque solaire à basse résolution, est dédié à l'étude des propriétés des modes propres d'oscillation de moyen degré.
Le second a la particularité de ne s'intéresser qu'à une couronne étroite centrée sur le limbe. Dans cette région, où le signal de la granulation est faible et les modes d'oscillation théoriquement amplifiés, les mesures héliosismiques en intensité devraient apporter de nouvelles informations sur la structure interne profonde du Soleil.
L’IAS a participé à différents niveaux du projet : spécification et optimisation du programme de sismologie, fourniture de l’algorithme de compression des images, accueil et logistique pour l’intégration et les tests de SODISM à la station d’étalonnage de l’institut. En phase d’opérations, l’IAS assure la coordination du retour scientifique du programme de sismologie, en collaboration avec l’Observatoire de la Côte d’Azur et le Service d’Astrophysique du CEA. Enfin, le Centre IDOC/MEDOC de l’IAS prendra le relais du B.USOC, le Centre de Mission PICARD situé à Bruxelles, à la fin de son mandat prévue dans quelques années. Les données intéressant les physiciens solaires seront alors rapatriées à IDOC/MEDOC pour une mise à disposition de la communauté scientifique internationale.
La production de données scientifiquement exploitables devra attendre encore quelques semaines, le satellite étant en mode « recette », dédié notamment à la mise en configuration des systèmes, à la vérification des performances opérationnelles, à la mesure de bruits instrumentaux, etc.
Pour en savoir plus : http://smsc.cnes.fr/PICARD/index.htm
Contacts :
• Patrick Boumier
patrick.boumier.at.ias.u-psud.fr, (33) 1 69 85 85 87
• Thierry Appourchaux
Thierry.appourchaux.at.ias.u-psud.fr, (33) 1 69 85 86 29








