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Feu vert pour la mission spatiale Euclid

La mission Euclid de l'ESA destinée à explorer la « face cachée » de l'Univers – l'énergie noire et la matière noire – a franchi une étape importante le 20 juin : le Comité des Programmes Scientifiques de l'ESA a approuvé le passage de la mission en phase de construction, ce qui aboutira à son lancement en 2020. Cette étape est la plus importante depuis la sélection d'Euclid et de Solar Orbiter en octobre 2011 dans le cadre du programme Cosmic Vision 2015-2025.


Le comité a aussi formalisé un accord entre l'ESA et les agences de financement d'un certain nombre de ses États Membres pour développer les deux instruments scientifiques d'Euclid, une caméra en lumière visible et une caméra/spectromètre en infrarouge proche, ainsi que le système informatique distribué nécessaire pour traiter les données produites (des millions de gigaoctets). Enfin, le comité s'est prononcé en faveur d'un protocole d'accord entre l'ESA et la NASA selon lequel l'agence spatiale américaine fournira les détecteurs en infrarouge.

Près de 1000 scientifiques de 100 instituts forment le Consortium Euclid, qui construit les instruments et participe à l'analyse scientifique, et qui est dirigé par Yannick Mellier de l'Institut d'Astrophysique de Paris. L’IAS participe aussi bien à l'élaboration du programme scientifique qu'au développement de l'instrumentation et à la préparation du traitement des données de la mission Euclid. L’IAS est responsable de la conception, de la réalisation et des tests de l'unité d'étalonnage en vol de la voie visible d'Euclid. Des tests de performance et de fonctionnement seront par ailleurs réalisés à la station d'étalonnage de l'IAS. La chaîne de traitement des données d'Euclid, de par sa complexité et son ampleur, est un projet en soi, et l'IAS y joue un rôle central en assumant la co-responsabilité de l'étape d'homogénéisation des données des voies visible et infrarouge, ainsi que leur mise à disposition à l'ensemble de la collaboration Euclid.

Dans les prochains mois, les industriels devront répondre à des appels d'offre pour la fourniture du matériel, par exemple le télescope, l'alimentation en énergie, et les systèmes de contrôle de l'orientation, de l'orbite et des communications du satellite.

Euclid utilisera un télescope de 1.2 m de diamètre et ses deux instruments pour produire une cartographie de la distribution en trois dimensions de près de deux milliards de galaxies et de la matière noire qui y est associée, sur une grande partie du ciel.

La mission Euclid permettra de tracer l'évolution de la structure de l'Univers sur 10 milliards d'années-lumière, correspondant aux trois-quarts de son âge. Euclid est optimisé pour répondre à l'une des questions les plus importantes de la cosmologie moderne : pourquoi l'expansion de l'Univers est-t-elle en accélération croissante, alors qu'elle devrait être décroissante à cause de la force gravitationnelle due à la matière ? La découverte de cette accélération cosmique en 1998 a été récompensée par le prix Nobel de physique en 2011, mais nous ne savons toujours pas ce qui la cause.

Le terme « énergie noire » est souvent utilisé pour décrire cette force mystérieuse, mais en utilisant Euclid pour étudier ses effets sur les galaxies et amas de galaxies à travers l'Univers, les astronomes espèrent s'approcher de la compréhension de sa vraie nature.

« Euclid a pour objectif de répondre aux questions de cosmologie du programme Cosmic Vision de l'ESA, et c'est fantastique de pouvoir avancer dans le développement de cette mission – nous faisons un pas de plus vers la compréhension des secrets les mieux gardés de l'Univers », dit René Laureijs, le scientifique responsable du projet Euclid à l'ESA.


Contact à l'IAS: Nabila Aghanim, Marian Douspis.

Euclid sur le site web de l'ESA

Communiqué de presse




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